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Denis MALARD @ Lille

Sound Designer and Engineer specializing in theatre, music and shows combining the two

notably David Gauchard’s Unijambiste Cie


"The sound delivered by Big VCA is natural and transparent. I’d say it’s comparable to the audio sensations delivered by Midas consoles. It’s got depth, breadth and power to spare."


Depuis une dizaine d’années j’articule une partie de mon travail de régie son autour de stations audionumériques. J’utilise des logiciels très répandus, un ordinateur portable, une carte son  externe ainsi que des télécommandes et  des capteurs midi divers. Des stations simples, légères et peu encombrantes mais puissantes au sens de la création.

Jusqu’alors, en tournée, ma principale problématique d’adaptation se posait au niveau du point de collecte des signaux issus de ma carte son, le plus souvent au nombre de 8. Deux options s’offraient alors à moi. 

La première consistait à connecter directement mes sorties analogiques de carte son dans la chaîne d’amplification, précédée d’égaliseurs graphiques analogiques, offrant alors un « contrôle de volume » à la main sur le signal sortant. Un petit arrangement avec les règles de l’art [utilisation d’adaptateurs, niveaux électriques etc.] mais qui avait le mérite essentiel de simplifier le montage et d’offrir un encombrement réduit en régie. Je vous épargne les épisodes stressant d’une carte son qui se désynchronise amplis ouverts ou d’un DAC qui brûle en répétitions, les amplis toujours ouverts évidemment…

Autre intérêt: les réglages effectués dans le logiciel ou sur le DSP de la carte son, les « réglages statiques » liés au calage du système de diffusion [par opposition aux réglages dynamiques, plutôt liés eux à la matière sonore jouée]. Ces réglages statiques sont appliqués sur mes bus de sortie et voyagent avec moi de dates à dates, dans mes sets et autres fichiers de sauvegarde. Je n’ai ainsi à mon arrivée plus qu’à écouter et au besoin régler les valeurs, sans avoir à reprogrammer la console du lieu Ex nihilo.

Le second choix consistait justement à utiliser la console du lieu. Tantôt numérique, tantôt analogique, pas toujours de bonne qualité. De nouveaux arrangements avec les niveaux électriques à prévoir, des re-conversions A/D et dé-conversions D/A en sus. De l’encombrement en régie et surtout du temps de travail en plus qui grignote le temps de création pure. 

Je vous épargne les épisodes humiliants où je me suis vu demander au technicien - une fois montée, branchée et le système en cours de réglages - de contourner la grosse console pour finalement la démonter.

Les fonctions utilisateurs du Big VCA sont basiques mais suffisantes. J’apprécie en tournée le rotatif de gain général. C’est bien vu de donner la possibilité de jouer exactement le même set que la veille en allant simplement lui appliquer un +3dB en sortie. J’apprécierai cependant [et je crois que c’est prévu] un mute par canal ainsi qu’un mute général, indispensable selon moi lors de la phase de réglages et d’équilibre des plans de diffusion. Et pour partir en pause…

En tournée je me suis aussi souvent surpris à demander au Big VCA de pouvoir enclencher un inverseur de phase ou une EQ 1 bande, un coupe-bas, des choses simples mais qui aditionnées reconstituent l’architecture traditionnelle d’une console de spectacle vivant. Le faut-il? De manière mesurée? 

Quant au son délivré par le Big VCA, il est naturaliste et transparent: c’est ce que j’attends d’un outil de ce type en tournée. Je tente une comparaison : celle de la sensation audio que je peux avoir quand je joue sur des consoles Midas, de l’épaisseur, de la largeur et de la réserve.

Aujourd’hui avec le Big VCA je suis peu gourmand techniquement et très autonome. Je minimise le nombre de conversions (un signal à 96K  en sortie d’une Metric Halo, clocké par une Mutec mais qui doit repasser dans une Yamaha 01V96 à 48K avant les amplis, ça déçoit toujours un peu). Je me repose sur des machines simples, les sources d’erreurs et de pannes sont elles aussi moindres et surtout j’utilise mon autre outil (l’ordinateur) à fond, tout simplement. 

Les ordinateurs, une fois bien équipés, bien réglés et optimisés offrent un espace de travail riche, créatif et aussi stable qu’une console numérique. Je ne suis pas un pro-laptop en régie à outrance, certaines de mes autres configurations s’en passent. Mais quand le projet s’y prête voire l’impose, je crois qu’il ne faut pas s’en priver. Il faut même être radical dans son utilisation : de l’acquisition au traitement  jusqu’à la gestion de la diffusion. Cela me parait aujourd’hui abscons d’asseoir en régie deux machines offrant les mêmes possibilités sans les utiliser pleinement.

Denis Malard